lundi 15 mai 2017

N



N


Le sang coule de tes entrailles, une poche se perce à l’intérieur de toi. Tu écartes les cuisses pour que je passe. Je vois enfin le jour, je sors de ta matrice infâme. Je me lève et je grandis, je m’approche de toi, et je commence par te regarder. Tu as peur, tous tes membres tremblent. Tu n’es rien. Tu n’as servi à rien. Tu as engendrée un monstre, que veux-tu, il faut que je te tue. Tu pourras mourir jeune, en bonne santé, et pas encore trop apeurée. Je te sauve la mort, je sauve ton salut, si tu en as besoin. Ton monde croit à ses balivernes alors pourquoi suis-je née, pour tuer ?

Je te détesterai mais je t’aimerai également, jusqu’au jour où toi aussi je te mangerai.

Ta chair si jeune si fraîche, souple entre mes doigts tendre entre mes dents je te déchiquette et ne laisse pas une miette.

Pourquoi suis-je née ?

Je sèmerai le chaos, mais il est encore trop tôt, je viens juste de naître. Je vais encore un peu grandir, il faut me nourrir. Humains ! Venez à moi, vous êtes là, le banquet peut commencer, on va bien s’amuser.

Je récolterai le sang, le règne, et la gloire, vous mourrez pour m’avoir créé, pour m’avoir appelée du fond des abysses. Je vous détesterai pour mieux vous apprécier… votre chair n’en sera que plus délicieuse.

Je brûlerai votre culte, je descendrai votre dieu, et je le torturerai devant vos pauvres yeux, je le dépècerai et vous le donnerai, puisque tous, vous voulez être ce dieu.

Dans la forêt je survis, je reste là, à dormir sous les arbres, à me camoufler derrière les fougères. Il y a tant à voir, après le chaos une douce pluie est tombée sur mon visage, ma colère s’est transformée en tristesse, j’ai ressenti votre haine quand j’ai croqué votre cœur. Je regrette tant, vous m’avez rendue malade. Je pars de votre monde, je savais que j’étais née pour détruire le monde mais c’est le monde qui m’a détruit, il est sale et corrompu. On m’avait dit qu’il y avait des endroits paisibles que je devais détruire mais les seuls que j’ai trouvé n’étaient peuplés que d’arbres et d’animaux.

Le feu s’éteint et je ne pourrais le rallumer, jamais ça n’en finira.


Fin


Faith

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