Cénarius
**suite**
e sentis une main douce se poser sur
mon visage. Quand j'ouvris les yeux, il n'était plus un demi cerf,
mais un elfe de la nuit à la peau violette. Sa peau était sombre
comme la nuit, mais ses yeux étaient preils à deux lucioles. Ses
cheveux étaient noirs d'encre et tombaient sur ses épaules
musclées.
Je recouvris de ma petite main blanche,
la sienne, sa grande main chaude posée sur mon visage. Je fermai les
yeux pour imprimer son image et la chaleur de cette main si douce.
Mon coeur ne cessait de battre fort
dans ma poitrine. J'aurai voulu que ....
Je sentis ses lèvres contre les
miennes. Tel un papillon. La douceur. Je sentis son visage contre le
mien. Je sentis ses cheveux me chatouiller les joues. Son odeur était
celle de la forêt. J'ouvris les yeux. Non je ne rêvais pas. Il
était là devant moi, m'embrassant...
Je me rendis compte qu'il ne portait
rien....
Je le repoussai,très gênée de la
situation. Extrêmement gênée même!
- Ce n'était pas ce dont tu rêvais? Dit il de sa voix sombre et grave
- Un rêve? Non pas du tout !! repondis-je avec une voix suraïgue
- Si ! c'est ce que tu attendais depuis que tu as entendu parler de moi dans un livre sur la -première guerre.
- Pas du tout! Et comment le saurais-tu?
- Car tes rêves ne parlent que de ça...
Je n'osais plus bouger. On aurait dit
une adolescence qui avait des posters d'Elite Tauren Chieftain et qui
venait de rencontrer le guitariste... je n'étais pas stupide! Non
j'étais une jeune femme pleine d'ambition, pragmatique et logique!
Rien à voir avec une fillette écervelée.
Il m'embrassa de nouveau. Je ne pus
résister, je lui rendis son baiser.
Mais le jour commençait à se lever,
j'étais épuisée. Je fermai les yeux quelques instants. Quand je
les rouvris je me retrouvai sous ma tente. Je me mis à rire seule.
J'avais rêvé. J'avais juste rêvé.
Pendant toute la journée, je ne pus
m'empêcher de penser à ce baiser, bien qu'il fût fictif, il
paraissait tellement vrai.
Je souris amèrement, en me disant que
je finirai comme ma mère, fanée par un amour qui n'est plus.
La nuit suivante je retournai à
l'endroit où nous nous étions soi-disant embrassés. Je regardais
autour de moi, le demi-dieu n'y était pas. Je me dis que ce que
j'avais vu chaque nuit, n'était jamais arrivé. J'allais partir
quand j'entendis du bruit derrière moi.
Je me retournai. C'était lui, sous sa
forme d'elfe.
Je me précipitai dans ses bras.... Le
feu me monta aux joues. Je le repoussai.... ce n'était peut-être
pas lui... c'était peut-etre un étranger.... Me précipiter comme
ça pour toucher un autre être vivant... non ça n'était pas moi !
Il me prit la main et m'attira à lui.
Il m'embrassa avec passion. Il m'intima de lui suivre. Nous arrivâmes
à une clairière qui me rappelait quelque chose que j'avais lu sur
la Première Guerre.
Il se retourna vers moi et me sourit en
secouant la tête... Il avait dû entendre ce que je pensais.
- Toujours en train de réfléchir! s'exclama-t-il
Je ne répondis pas. Il avait raison.
Il m'embrassa de nouveau. Il était
toujours nu... encore. Il délassa la bride de cuir qui retenait mes
cheveux couleur d'automne, puis dans un geste délicat il repoussa ma
robe de mes épaules.
Il m'embrassa tendrement le cou , et
toujours délicatement, enleva mon corsage.
J'étais à demi nue face à lui.
J'étais gênée mais en même temps, mon corps le réclamait.
Nous passâmes toute la nuit, enlacés.
Au matin, quand je me réveillai, j'étais à nouveau dans mon lit,
sous ma tente.
Je ne pouvais pas avoir rêvé ce que
nous avions fait cette nuit. C'était impossible.
Mes compagnons avaient fini leurs
fouilles et voulurent repartir. Je leur expliquai que j'avais trouvé
quelque chose d'intéressant dans la forêt mais que je ne pouvais le
voir que la nuit. Que ce n'était pas encore complètement sûr et
que je préférai m'assurer de la trouvaille avant de repartir avec
eux.
Nous convînmes qu'ils partiraient vers
le sud et que je resterais là le temps de finir ce que j'avais à
faire. Quand j'en aurais fini avec mon investigation, je les
rejoindrai.
La nuit suivant leur départ, je
m'enfonçai de nouveau dans la forêt pour le retrouver.
Quelques temps passèrent et mon ventre
commençait à s'arrondir. Il avait compris que notre amour avait
produit un fruit en moi. J'étais très heureuse mais également
apeurée.
Depuis ce jour, je le sentais très
distant. Puis je ne le vis plus. J'attendis plusieurs jours.
Plusieurs semaines. Je regardais à travers la fenêtre de la petite
maison que nous avions construite au fil des mois passés ensemble.
J'étais comme ma mère, je mourais
d'amour.
Un jour de plus où je regardais
l'horizon, un écureuil vint près de moi. Il s'agitait, comme s'il
me demandait de le suivre.
Je sortis de la maison et vis sa
famille. Je me baissais pour en caresser un. Il frotta son museau
contre mes doigts. J'entendis soudain du bruit dans un buisson. Un
renard et sa famille en sortir. Ils vinrent vers moi et s'assirent.
J'avais le sentiment que les animaux
devaient être réunis pour cet enfant du dieu de la forêt.
Je ne pris pas la peine de fermer la
porte ou de prendre des affaires, je suivis l'écureuil qui m'avait
sorti de chez moi.
Nous marchions depuis quelques mètres
lorsque je me retournai pour voir la maison... Il n'y avait que des
arbres. Comme si elle n'avait jamais existé. Je l'avais peut-être
rêvée....
Je continuai à suivre les animaux de
la forêt. Nous arrivâmes à une rivière. De l'autre côté se
tenait un énorme ours, au poil brun, il mesurait bien trois ou
quatre mètres sur ses pattes arrières.
Il se montrait menaçant envers un
buisson. En observant mieux je vis que ce buisson dissimulait, un
petit ours au poil noir. Il avait comme un V en or sur son torse. Il
était apeuré.
Je ne pouvais laisser faire ça. Je
traversai la rivière et hurlai au le gros ours de le petit laisser
tranquille.
Me voyant, il s'approcha de moi, mais
resta à une distance convenable. Il renifla l'air autour de moi.
- tu es sa femme? Dit-il
- de quoi tu parles? lui répondis-je
- Le seigneur de la forêt a encore frappé, tu n'es rien pour lui !
Et sur ces paroles il partit. Autour
moi s'étaient réunis des loups géants pour me défendre en cas
d'attaque de l'ours féroce.
Je tendis la main à l'ours noir qui se
releva. Sous lui, un plus petit était caché. Je lui caressai le
museau et nous nous remîmes en route.
Faith

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