mardi 30 mai 2017

Enfant de la forêt #4


Enfant de la forêt


**suite**

Le chef arriva une fois que j’avais passé les vêtements, il me sourit et s’avança vers moi, me dit quelque chose et me toucha le visage puis déposa ses lèvres contre les miennes.

Je crus que j’allais tomber, mais je fus de nouveau stable et je me retrouvais dans un monde glacé, il était à côté de moi et me donna un vêtement de chaud à mettre sur les épaules. Les bottes en cuir que j’avais enfilé au préalable étaient doublées de laine ce qui fit que je n’avais pas froid aux pieds. On avança dans ce monde blanc et froid jusqu’à trouver des maisons. Des maisons en feu. 
Des hommes en armures en tuaient d’autres avec des cheveux roux. Une femme avec de longs cheveux noirs apparut, tout ceux du village la regardèrent et s’inclinèrent devant elle, elle portait une robe d’or et d’argent, elle avait dans la main droite une épée et dans l’autre un bouclier. Elle frappa avec l’épée ces gens en armure certains hurlèrent de douleur et tombèrent, d’autres ripostèrent mais elle les contra avec son bouclier. A elle seule elle les repoussa dans leurs maisons de bois qui flottaient sur l’eau. Mais de là où j’étais elle n’avait pas pu le voir, l’homme derrière elle. 

Avec son arc il la visa, je me mis à dévaler la pente pour la sauver, je savais au fond qu’elle était important et qu’elle ne devait pas mourir. La créature poussa un râle et descendit la pente avec moi. Les gens du village en le voyant crièrent un mot « troll ! troll troll ! » Beaucoup de femmes étaient rentrées dans leur maison surélevée et avaient emporté les enfants, d’autres hommes se cachaient le visage tremblant de peur. 

Mais avant de pouvoir l’aider l’autre l’avait déjà blessé, et il partit rejoindre ces pairs. Je me jetais sur la femme qui avait le visage contre le sol boueux. Je la retournai et posai sa tête contre moi. Elle était si belle. Je me mis à pleurer, je ne sentais plus son souffle, j’avais mal au cœur, je ne savais pas pourquoi mais c’était comme si j’avais perdu quelqu’un de cher. J’avais eu la même peine quand le loup était parti, j’aurais aimé qu’il soit là et qu’il m’entoure de ses pates que je me réfugie contre son ventre si chaud. 
Je retirais l’épée des mains de la jeune femme et je m’enlevai le vêtement chaud pour lui couvrir le torse avec un autre je lui épongeais la blessure. Des gens s’approchèrent en pleurs tout en se méfiant de la créature qui m’accompagnait. Je vis leur regard intrigué se tourner vers moi, ils se mirent à genoux et baissèrent la tête. C’est là que le monstre qui m’accompagnait me tendit un bout de métal, je vis quelqu’un quand je regardais ce qu’il m’avait donné, quelqu’un qui était comme à l’intérieur, ce quelqu’un c’était moi. J’étais comme la jeune femme qui venait de mourir. C’était elle ma sœur ? Celle dont on m’avait parlé ? 

Pourtant non quand je retournai là où j’étais née mes vrais parents passèrent devant moi avec mes sœurs ils s’arrêtèrent interloqués et me prirent avec eux. A travers les bois je vis la créature et l’homme bleu qui m’avait élevé bébé me saluèrent.

Faith

vendredi 26 mai 2017

Interlude #3 - La famine


Il était affamé. Il faisait nuit et il n'y avait rien d'ouvert. Il se leva et s'attaqua aux restes du rôti dans son frigo. Puis la purée. Les légumes. Le fromage.... Il avait faim, très faim. Il se dit que ce n'était pas raisonnable de faire cuire des pâtes en plus de ce qu'il avait mangé.
Il alla se recoucher. Il réussit à se rendormir malgré tout.

Le soleil était déjà haut dans le ciel quand il se réveilla. Il sentit quelque chose d'humide à côté de lui, il se demanda ce que c'était et il ouvrit les yeux. Il était allongé sur une mare de sang. Il se leva d'un bond, très choqué. Il hurla le nom de sa femme... plusieurs fois... il n'eut aucune réponse.
Il remarqua qu'il n'y avait pas seulement du sang sur les draps mais également de la chair... des cheveux... un œil... un œil bleu... de la même couleur que ceux de sa femme.

Il était en état de choc... il ne savait pas quoi faire! Appeler la police? les secours? Non impossible!

Il reprit sa respiration et essaya de se concentrer de se rappeler ce qu'il s'était passé. Il eut quelques bribes de souvenirs de cette nuit là. Il se rappela l'avoir mordue puis déchiqueté sa chair.

Il avait mangé sa femme! Et il avait toujours aussi faim! Il ne pouvait le supporter. Il plongea sa main sous le lit et attrapa une boîte à chaussures qui contenait un revolver.
Il engagea une balle dans le barillet de l'arme, la mit sur sa tempe et tira.

Les médias s'emparèrent de cette macabre histoire faisant le lien avec d'autres affaires similaires de gens devenus subitement cannibales. Un véritable fléau.
Les journalistes adoraient se gaver de ce genre chose et plus le monde allait plus ils en faisaient des tonnes! A la télévision, certains avaient les yeux rougis et étaient existés dès qu'ils présentaient un fait divers sanglant. Ils ressemblaient à des drogués qui avaient droit à une dose de la meilleure drogue.

Mais les gens n'avaient pas faim que de nourriture, ils avaient faim de tout ce qu'ils pouvaient avoir de plus vicieux dans le monde. Succomber à ses envies jusqu'à la lie quoi de plus beau?

Il eut une montée des overdoses, de vols, de crises cardiaques dues à la pilule de l'amour, de meurtres. Les autorités elles-mêmes avaient arrêtés d'agir car les représentants de la loi eux aussi avaient des pulsions à assouvir!

Quand il vit un animateur de télévision dévorait un autre, il se mit à rire. Il se mit à tousser et à reprendre une inspiration grâce à sa bouteille d'oxygène.

Un de ses homme de mains l'aida à sortir de la longue limousine noire et à s'installer sur son fauteuil roulant pour l'amener au restaurant du coin. Il avait faim. Très faim.

Il était vieux, répugnant, maigre, n'avait presque plus de dents. Il se nourrissait des âmes de ces fous qui avaient succombé à leur faim la plus dévorante. Quand il ne resta plus rien il s'en alla, repu et laissa derrière lui une ville dévastée.

Faith

.

Enfant de la forêt #3


Enfant de la forêt


**suite**

On entendit des pas lourds à l’entrée du tunnel, les trois créatures eurent l’air effrayé et se mirent en ligne à côté de moi. La personne qui apparu était de la même race que les trois autres, mais il était plus fin et avait une bouche plus humaine, ses oreilles paraissaient moins longues, il portait un pantalon de toile blanche et sur son torse nu pendait un énorme cercle où des écritures étranges y étaient gravées. Il s’approcha de moi, mon cœur se mit à battre à tout rompre son visage si beau, il avait l’air si humain, j’avais tellement envie de le toucher mais j’étais tellement effrayée que je ne pus. Je détournais le regard. Mais il me força à le regarder.

Ses longs cheveux noirs étaient si doux contre mes joues il avait l’air d’être propre par rapport aux autres. Il se releva et dit quelque chose à la femme dans une langue très gutturale. Elle me prit par la taille me mit sur son épaule et ensemble nous remontâmes le long tunnel vers la forêt. Il faisait nuit, elle marcha un moment avant d’arriver à une rivière. 
Là elle me fit comprendre qu’il fallait que je me déshabille et que je me lave dans la rivière. Une fois nue je me mis dans la rivière glacée, elle s’approcha de moi et me passa quelque chose de doux sur le dos, quelque chose qui sentait les fleurs, elle fit pareil pour mes cheveux. Ce fut le premier bain que je prenais de ma vie. 

Quand je sortis elle me donna un grand bout de tissu et m’essuya, elle m’enveloppa dedans et nous partîmes loin de la rivière dans un autre trou. J’hurlais pour récupérer mes vêtements. Tout ce qu’elle avait pris c’était mon collier offert par l’homme bleu qui m’avait recueillie, c’était un marteau avec des écritures similaires au collier portait par le chef de ces créatures spéciales. On descendit dans un autre trou où un feu faible éclairé doucement la pièce, elle me posa nue là et me montra des vêtements sur un lit de feuilles, je commençais à les mettre quand elle partit et me laissa là.

Faith

mardi 23 mai 2017

Enfant de la forêt #2


Enfant de la forêt


**suite**

Je ne compris que des années plus tard qui était ce loup qui m’avait protégé. Il m’apprit à me fabriquer un arc puissant, ainsi que des flèches. Ma vision était excellente, mes gestes parfaits, j’avais appris à me faire souple tel un serpent, aussi silencieuse qu’un chat.

A l’âge de quinze ans j’avais atteint ma taille adulte, j’étais grande, élancée et musclée. Le loup partit une nuit lorsque je dormais. C’est là que je quittai la clairière pour m’aventurer dans les bois. Cette forêt si sombre qui m’effrayait, j’avais toujours l’impression de voir du mouvement la nuit, je m’étais toujours dit que c’était des animaux qui cherchaient de quoi manger. Mais j’avais toujours fait comme si je ne les voyais pas. Je sentais quelque chose de pas normal.
Une nuit je sentis un souffle chaud contre mon épaule et quelque chose m’effleurait la cuisse, pensant que c’était un sanglier je me relevai d’un bond l’arc en joue et une flèche prête à s’élancer pour trancher la chaire de l’animal. Mais par terre non loin de ma couverture se trouvait un homme crasseux.

Je me rendis compte que ce n’était pas tout à fait un homme quand il se releva, il était très grand, quelque peu trapu, avait des muscles saillant mais sous ces cheveux sales je distinguai deux grandes oreilles pointus, des yeux jaunes et brillants et une bouche, des dents… de dents pointues. Effrayée j’essayais de ne pas trembler et visais la tête mais je n’eus pas le temps de tirer qu’il avait déjà le visage à côté du mien et m’avait cassé le poignet qui tenait mon arme. J’hurlais de douleur mais il me frappa au visage.

Quand je me réveillais j’étais dans une tanière sous le sol, le plafond était en terre comme le reste du trou. Trois de ces créatures me regardaient à la lueur d’un feu faible. Ils me sourirent, j’étais sûre d’être leur diner mais quand je voulus me relever pour les combattre la douleur au poignet me lança et me mis à hurler. Un de ses monstres réagit, je compris que c’était une femme à cause de sa poitrine et de ses « courbes » plus féminines. Elle tendit sa grande main vers la mien je ne bougeai pas, je pensais qu’elle allait me mordre mais elle me passa la main dessus et me mit une sorte d’onguent qui me calma la douleur. Je vis comme un sourire se dessinait sur son visage.

Faith

samedi 20 mai 2017

Enfant de la forêt #1

Enfant de la forêt


Je suis née près de la forêt sombre, sur le bord de la route. Nous étions en 887. Ma mère a accouché de jumelles ce qui était rare, et souvent considéré comme un don de dieu. Ma mère avait déjà deux enfants, un qu’elle avait eu très jeune et qui était quasiment adulte quand nous sommes nées et une petite fille qui devait avoir dans les six ans. Ma sœur était bien portante elle avait la peau bien rose, malgré qu’elle soit maigre elle l’était moins que moi. J’étais si petite et maigre que mes parents n’ont pas pensé que je passerais la nuit. De plus avoir deux bouches à nourrir en plus ils n’auraient pas pu, même si mon frère travaillait en tant que bucheron dans l’ouest de la France. 

Mes parents m’ont donc laissée là enveloppée dans un linge sale. Mais en peu de temps je fus récupérée par une personne particulière. Elle avait la peau bleutée et des ailes de démons. Il avait les cheveux noirs et des tatouages sur tout le corps. Je ne me souviens que vaguement de lui quand j’étais enfant, je devais avoir trois ou quatre ans quand il est parti de la maisonnée où on habitait. Je sais qu’il me confia à un énorme loup blanc. J’aimais ce loup car quand je sortais de ma tanière je pouvais me mettre sur son dos quand j’étais trop fatiguée.
Habillée en peau de bête j’avançais dans la forêt, je ne sais pas comment mais je sais que depuis le jour où je suis allée au-delà de la clairière qu’il y avait non loin de la cabane je ne l’ai jamais retrouvée. 

J’ai vécu là dans cette clairière quelques années, le loup m’amenait des bouts de viandes, des fruits et me tenait chaud la nuit. Ce n’est que l’âge d’environ 10 ans qu’il s’assit face à moi et me parla. Il avait une voix grave et ténébreuse, comme celle que je m’étais toujours imaginée. Il me dit que j’avais une grande destinée, mais que son travail était bientôt terminé et qu’il devrait retourner de là où il venait. Il me dit qu’il allait m’apprendre à chasser comme un homme, il en avait vu tellement qui avaient voulu le tuer. Apparemment dans un pays lointain, où la neige tombe sans cesse il n’était pas considéré comme un loup bienfaiteur.

Faith

lundi 15 mai 2017

N



N


Le sang coule de tes entrailles, une poche se perce à l’intérieur de toi. Tu écartes les cuisses pour que je passe. Je vois enfin le jour, je sors de ta matrice infâme. Je me lève et je grandis, je m’approche de toi, et je commence par te regarder. Tu as peur, tous tes membres tremblent. Tu n’es rien. Tu n’as servi à rien. Tu as engendrée un monstre, que veux-tu, il faut que je te tue. Tu pourras mourir jeune, en bonne santé, et pas encore trop apeurée. Je te sauve la mort, je sauve ton salut, si tu en as besoin. Ton monde croit à ses balivernes alors pourquoi suis-je née, pour tuer ?

Je te détesterai mais je t’aimerai également, jusqu’au jour où toi aussi je te mangerai.

Ta chair si jeune si fraîche, souple entre mes doigts tendre entre mes dents je te déchiquette et ne laisse pas une miette.

Pourquoi suis-je née ?

Je sèmerai le chaos, mais il est encore trop tôt, je viens juste de naître. Je vais encore un peu grandir, il faut me nourrir. Humains ! Venez à moi, vous êtes là, le banquet peut commencer, on va bien s’amuser.

Je récolterai le sang, le règne, et la gloire, vous mourrez pour m’avoir créé, pour m’avoir appelée du fond des abysses. Je vous détesterai pour mieux vous apprécier… votre chair n’en sera que plus délicieuse.

Je brûlerai votre culte, je descendrai votre dieu, et je le torturerai devant vos pauvres yeux, je le dépècerai et vous le donnerai, puisque tous, vous voulez être ce dieu.

Dans la forêt je survis, je reste là, à dormir sous les arbres, à me camoufler derrière les fougères. Il y a tant à voir, après le chaos une douce pluie est tombée sur mon visage, ma colère s’est transformée en tristesse, j’ai ressenti votre haine quand j’ai croqué votre cœur. Je regrette tant, vous m’avez rendue malade. Je pars de votre monde, je savais que j’étais née pour détruire le monde mais c’est le monde qui m’a détruit, il est sale et corrompu. On m’avait dit qu’il y avait des endroits paisibles que je devais détruire mais les seuls que j’ai trouvé n’étaient peuplés que d’arbres et d’animaux.

Le feu s’éteint et je ne pourrais le rallumer, jamais ça n’en finira.


Fin


Faith

samedi 13 mai 2017

Slave



Slave




Ils étaient agenouillés sur un haut mur de pierre recouvert de sable dorée. Sous eux, une immense forêt, mais personne ne savait ce qu'il y avait sous les arbres. Personne n'avait eu le droit de descendre, ce n'était pas autorisé. Ils étaient des esclaves du bas, ils n'avaient droit que d'obéir et de regarder l'horizon en attendant la fin.

Au dessus d'eux des "un peu moins" esclaves qu'eux tenaient une arme sur leur tête. Certains étaient nouveaux, leur mission : abattre un esclave du bas quand on leur ordonnait. Au début ce n'était pas simple, ils prenaient une vie humaine, et le sang collé avait du mal à partir. On ne leur donnait pas l'autorisation de l'enlever de toute façon.

Ils avaient en permanence l'armée collée au crâne de l'esclave du bas et quand on leur donnait l'ordre ils ne devaient pas hésiter et tirer.

Au dessus de ces "un peu moins" esclaves, il y avait les "moins" esclaves qui devaient les abattre s'ils n’exécutaient pas leur ordre. Et s'ils ne tuaient pas l'esclave du bas le "un peu moins" esclave était abattu et remplacé.

Alors le "un peu moins" esclave sentait le canon de celui de derrière froid sur son crâne, il était tétanisé, parfois il pleurait, mais sa vie contre un esclave du bas : JAMAIS.

Alors il tirait. Et le corps de l'esclave du bas tombait mollement vers le bas. Le mur était tellement haut qu'on entendait pas le bruit du corps.

Un jour, dit on, un esclave du bas en a eu assez. Il s'est levé. Ce qui était interdit! Il pris appui sur ses jambes et sautant en l'air. Ceux du haut fur ébloui, son corps brillait face au soleil couchant.

On dit que lorsque cet esclave du bas ouvrit les bras, ce sont des ailes qu'on a vu. Il avait pu fuir ses maîtres. Il vola. On dit qu'il passa les montagnes. Par delà ces montagnes on raconte qu'il devenu roi.


Alors certains esclaves du bas firent de même. Certains ne volèrent pas et s'écrasèrent en bas, d'autres n'eurent pas le temps de sauter. Mais pour ceux qui passaient ces montagnes ils étaient seigneurs et riche.

les esclaves du bas avaient un espoir. Mais pas ceux qui étaient "un peu moins" esclaves ou ceux "moins" esclaves. Car en gravissant les échelons ils oubliaient d'avoir de l'espoir, ils devenaient de plus en plus des exécutants sans réfléchir. Ils étaient plus haut sur la marche donc en sautant ils seraient morts. Une chaîne les rattachait de plus en plus à cette pyramide sociale.

Mais le roi de par delà des montagnes, dit on ancien esclave du bas, promettait richesse et liberté à tous, peu importe à quel niveau de la pyramide on appartenait. Car si tous les esclaves du bas s'en allaient c'était ceux qui étaient "un peu moins" esclave qui devenaient des esclaves du bas et ceux "moins" esclaves qu'eux qui prenaient leur place.


Fin




Faith

mercredi 10 mai 2017

Cénarius #4



Cénarius


**suite**

Je le vis sous sa forme primaire, celle du demi-cerf. Il se retourna vers moi. Il m'attendait.
Je me sentis grandir. Je reprenais ma forme de demi-elfe. Je compris dans ses yeux qu'il y avait un danger, quelque chose qui n'allait pas.

- Je l'ai vu le prendre. Je l'ai vu prendre mon garçon, me dit il d'une voix tremblante
- C'était toi, tu me l'as volé ! hurlai-je de rage
- Non... J'ai été retenu... prisonnier, pendant ces derniers mois.

Je remarquai à la lueur de la lune qui ce soir là était pleine, des cicatrices sur son corps. Il n'était pas parti parce qu'il ne m'aimait plus. Il était parti nous protéger mais il avait rencontré plus fort que lui. Je savais que dans ce monde, il pouvait y avoir plus fort et plus cruel qu'un simple demi-dieu.

Il me fit monter sur son dos et me demanda de m'accrocher. Il arriva au coeur de la forêt sombre, où j'avais sauvé les loups. Une vieille femme s'y tenait, elle était vêtue de noir .... enfin c'était comme si les ombres du sol la recouvraient. A sa droite se tenait l'ours féroce que j'avais rencontré il y a quelques mois. Celui qui avait semé le doute dans mon esprit.
La vieille femme tenait quelque chose dans ses bras. Mon coeur se mit à battre.... je crus que le monde s'écroulait autour de moi. Je le vis... ce tout petit être à qui j'avais donné la vie. Mon garçon.
Je vis une lame briller dans l'un des mains de la sorcière.
Dans un hurlement de rage je tendis la mienne vers elle. Je fis un geste brusque comme si je voulais lui arracher son coutreau des mains. Son bras se souleva violemment et l'arme quitta sa main meurtrière. Le vent était avec moi.
Je vis Cénarius foncer sur l'ours géant et l'embrocher de ses bois de cerf. La sorcière avait eu le temps de prendre mon fils part la cheville et menaça de le détruire par un sort malfaisant. D'un geste de l'autre, tout aussi violent, vers elle ce ne fut pas du vent qui en jaillit mais du feu qui lui brûla le visage.
J'avais l'impression de prier les éléments et qu'ils me répondaient.

Elle continua à le menacer. Ma rage monta encore plus. Je ne me reconnaissais plus. Mon corps trembla et je levai les bras au ciel. Un maelstrom se forma au-dessus de nos têtes, brisant la cime des arbres. Le tonnerre se fit entendre.
Je regardai la sorcière droit dans les yeux et abattis mes bras vers le sol. La foudre suivit mon mouvement jusqu'au corps de cette femme impie. Cénarius attrapa notre enfant et courut vers moi. Il savait que la foudre ne lui ferait rien, elle n'était pas dirigée vers lui.

La vieille femme fut réduite en cendre. Les ombres noires se dissipèrent. La forêt sinistre redevint comme elle était à l'origine, verte et luxuriante. Les anciens dieux ténébreux avaient trouvé un nouveau véhicule pour reprendre leur droit sur notre monde...

Dans cette nuit, Cénarius me prit comme femme, et se mêlant à lui nous conçûmes une fille pour perpétuer la lignée des chamans.

J'acquis également mon immortalité pour être à jamais à ses côtés. De toutes compagnes qu'il a vait eues j'étais la seule qui avait survécu.
J'étais la seule qui n'avait pas était effrayée par cet enfant différent, par cet enfant qui n'était ni humain, ni elfe, ni d'aucune autre race connue. Il était un enfant de la forêt.
J'étais la seule qui n'était pas effrayée par sa forme originelle, la seule qui était entrée sans le vouloir dans le rêve d'émeraude, qui l'avait vu. La seule qui avait compris le sens onirique.

J'étais également la seule à avoir conçu un garçon avec lui. Il n'avait eu que des filles, des filles qui lui ressemblaient, avec moitié elfe, moitié biche.

J'étais également la seule à avoir conservé des pouvoirs après la mise au monde de l'enfant.

Ce qui signifiait que j'étais un être magique. Que j'étais spéciale.


Fin


Faith

dimanche 7 mai 2017

Cénarius #3



Cénarius 


**suite**

Les loups géants nous guidèrent. La forêt était devenue sombre, comme malfaisante. Plus nous nous enfoncions, plus les arbres devenaient noirs, plus aucun oiseau ne chantait, et nous ne voyions presque plus nos pieds tellement il faisait sombre.
Les loups nous amenèrent à d'autres plus grands encore. Je compris que ceux qui nous avaient accompagnés étaient des enfants. Les grands loups étaient couchés sur le flanc. Je vis, malgré tout, leurs corps maculés de sang . Ils avaient du mal à respirer.
Je m'approchais d'eux sans crainte. Je me mis à genoux près d'eux et touchai leurs cicatrices ouvertes. Je sentis de la chaleur me parcourir le corps et arriver jusque dans ma main. Une légère lueur blanche en sortit. Petit à petit je compris que cette lumière permettait de soigner. Je passai ma main sur les loups et les guérissai ainsi. J'avais l'impression que ce pouvoir venait de l'enfant qui grandissait dans mon ventre.
Après tout il était l'enfant d'un demi-dieu.

Une fois les loups remis sur pieds, ils nous accompagnèrent dans notre voyage. Nous quittions cette forêt sombre et sinistre pour la forêt que je connaissais.
Toutes les nuits où nous dormions, je pleurais mon amour. Je repensais à cet ours qui m'avait dit que je n'étais rien pour lui. C'était un être éternel. Il s'était juste assuré de sa descendance. Et avec combien d'autres il s'en était assuré! Je ne souhaitais qu'une chose : qu'il me tue quand il aurait repris son enfant. Je ne voulais plus souffrir ainsi. Je ne voulais pas finir comme ma mère avec une plaie béante dans le coeur.

Nous marchâmes des jours à travers cette forêt. Je suppose que les animaux essayaient en vain de retrouver leur seigneur. Nous dûmes nous arrêter tôt un jour. Mon ventre se contractait. Je sentais que mon enfant allait naître.
Je le mis au monde au plus profond de la nuit. Là où le ciel était le plus noir. Cette nuit-là, la lune était absente. C'est à la lueur des étoiles que je vis son visage. C'était le père de mon enfant sous la forme d'elfe de la nuit. Sa peau était plus claire mais ses cheveux étaient tout aussi noirs. Je pris mon enfant dans mes bras. Malgré cette pénombre je vis ses yeux. Ils avaient la couleur des cheveux de ma mère, la couleur du miel. Des yeux d'ambre.
C'était peut-être la dernière fois que je le voyais. Une vague de chagrin m'envahit au plus haut point. Mon coeur venait de se briser. Je me mis à hurler, à prier le vent, les feuilles des arbres, les fleurs. Je sentis une tempête se lever tout autour de moi. Je déposai mon enfant dans un lit de feuilles mortes d'un chêne.

Je me mis à hurler encore plus de chagrin. La douleur ne s'arrêtait pas. Mes larmes coulaient. Tout autour de moi se mit à prendre vie. Des arbres se mirent à pousser, des fleurs à les recouvrir. Le vent qui commençait à faire rage secoua ces arbres. Les feuilles qui avaient récemment poussé dessus, tombèrent et recouvrirent mon corps, pour former un habit sylvestre.

A travers cette tempête, je le vis. Je vis mon amour. Il prit mon fils dans ses bras. Je ne pus bouger, comme prise dans des lianes. Je crus mourir ce jour-là.
Je ne sais combien de minutes, d'heures ou de jours, je restai immobile. Mais je savais que je devais les rattraper. Je devais être rapide et discrète. Quand je pus bouger, je me mis à courir. Ce n'est qu'en arrivant à une rivière que je me vis dedans. J'étais devenu un loup géant. J'en avais emprunté le corps d'un ou j'étais réellement devenue un loup, je ne sais pas.

En tout cas l'odeur, son odeur, je la distinguai parmi des milliers d'autres.

Faith

jeudi 4 mai 2017

Interlude #3 - La guerre



Un jour un homme arriva dans une belle voiture de sport rouge. Il avait acheté le manoir qui surplombait le village. Il devait avoir une quarantaine d'années, il avait un visage sympathique, carré, des cheveux courts et légèrement grisonnant. Il souriait facilement aux gens et était très avenant.

Il s'intégra facilement et rapidement dans le village. Les gens trouvaient qu'il avait de très bonnes manières. Il prenait souvent son café le matin, après avoir acheté son journal, dans le troquet du coin.

Un jour, deux femmes s’installèrent près de lui et se mirent à discuter de choses et d'autres. Elles finirent par se confier leurs secrets l'une à l'autre. L'homme entendit certaines confidences et ne put s'empêcher d'intervenir. Au début les deux femmes furent surprises... De quoi se mêlait il?
Mais sa voix était apaisante et ses conseils réconfortants.

Il savait comme leur parler il avait fait un peu de psychologie durant sa jeunesse.

Finalement les deux femmes s'installèrent à sa table et continuèrent à se confier et lui continua à prodiguer des conseils. A la fin de la matinée, il les salua et repartit chez lui. Les deux femmes se dirent qu'elles pourraient appliquer les conseils de l'homme.

A force de parler aux gens, que ce soit à la boulangerie, chez le coiffeur, au café, à l'épicerie, il connaissait beaucoup de secrets sur les uns les autres. Il essayait de les aider du mieux qu'il pouvait. Les gens avaient confiance en lui car ils se sentaient apaiser une fois qu'ils s'étaient confiés.

Un jour, dans ce village paisible, un mari tua sa femme à coup de fusil après être rentré saoul du bar.
Personne d'abord ne comprit pourquoi, ce couple était ensemble depuis plus de trente ans, il travaillait dans les champs et elle était secrétaire au cabinet médical du village. Ils avaient l'air heureux.

Les gens du village ne tardèrent pas à apprendre que la femme avait un amant depuis plus de 15 ans et que c'était le gérant de l'épicerie. D'ailleurs elle était fermée depuis quelques jours. Juste après l'enterrement. Un des habitants s'inquiéta. D'accord il s'était envoyé en l'air avec la défunte mais c'était étrange qu'il porte autant le deuil.
Les villageois ouvrirent de force la boutique et le retrouvèrent pendu. Au début ils pensèrent tous à un suicide. Mais le trou béant dans sa poitrine signifiait qu'on avait orchestré tout ça et on avait voulu le faire passer pour un suicide.

Une semaine passa après ce nouveau drame. La vie avait repris son cours. Les gens pensaient que c'était une histoire isolée et certains même en riaient.

Une violente bagarre qui envoya trois hommes à l'hopital et un autre à la morgue éclata dans le bar. Le fils du père meurtrier n'appréciait pas qu'on se moque de sa mère volage et de son père cocu.
Certaines personnes trouvèrent que son coup de colère était normal. Après tout c'était une réaction légitime. D'autres pensèrent qu'il était allé beaucoup trop loin.

Le village commença à se diviser en deux.

Les accès de colère et les meurtres continuèrent. Les gens avaient besoin de régler leur compte une bonne fois pour tout. Le village paisible eut bientôt plus de morts que de vivants, les bâtisses brûlaient et les commerces avaient fermés.


Dans une nuit sombre, des phares s'allumèrent, un moteur vrombit. L'homme sympathique se mit au volant de la voiture. Ses yeux prirent la couleur d'un rouge sombre. Un sourire narquois et emplit de malice illumina son visage.
Il partit du village. Il y en avait tant d'autres.


La Guerre ne faisait que commencer.


Faith

mercredi 3 mai 2017

Cénarius #2



Cénarius


**suite**

e sentis une main douce se poser sur mon visage. Quand j'ouvris les yeux, il n'était plus un demi cerf, mais un elfe de la nuit à la peau violette. Sa peau était sombre comme la nuit, mais ses yeux étaient preils à deux lucioles. Ses cheveux étaient noirs d'encre et tombaient sur ses épaules musclées.
Je recouvris de ma petite main blanche, la sienne, sa grande main chaude posée sur mon visage. Je fermai les yeux pour imprimer son image et la chaleur de cette main si douce.
Mon coeur ne cessait de battre fort dans ma poitrine. J'aurai voulu que ....
Je sentis ses lèvres contre les miennes. Tel un papillon. La douceur. Je sentis son visage contre le mien. Je sentis ses cheveux me chatouiller les joues. Son odeur était celle de la forêt. J'ouvris les yeux. Non je ne rêvais pas. Il était là devant moi, m'embrassant...
Je me rendis compte qu'il ne portait rien....
Je le repoussai,très gênée de la situation. Extrêmement gênée même!

- Ce n'était pas ce dont tu rêvais? Dit il de sa voix sombre et grave
- Un rêve? Non pas du tout !! repondis-je avec une voix suraïgue
- Si ! c'est ce que tu attendais depuis que tu as entendu parler de moi dans un livre sur la -première guerre.
- Pas du tout! Et comment le saurais-tu?
- Car tes rêves ne parlent que de ça...

Je n'osais plus bouger. On aurait dit une adolescence qui avait des posters d'Elite Tauren Chieftain et qui venait de rencontrer le guitariste... je n'étais pas stupide! Non j'étais une jeune femme pleine d'ambition, pragmatique et logique! Rien à voir avec une fillette écervelée.

Il m'embrassa de nouveau. Je ne pus résister, je lui rendis son baiser.

Mais le jour commençait à se lever, j'étais épuisée. Je fermai les yeux quelques instants. Quand je les rouvris je me retrouvai sous ma tente. Je me mis à rire seule. J'avais rêvé. J'avais juste rêvé.
Pendant toute la journée, je ne pus m'empêcher de penser à ce baiser, bien qu'il fût fictif, il paraissait tellement vrai.
Je souris amèrement, en me disant que je finirai comme ma mère, fanée par un amour qui n'est plus.
La nuit suivante je retournai à l'endroit où nous nous étions soi-disant embrassés. Je regardais autour de moi, le demi-dieu n'y était pas. Je me dis que ce que j'avais vu chaque nuit, n'était jamais arrivé. J'allais partir quand j'entendis du bruit derrière moi.
Je me retournai. C'était lui, sous sa forme d'elfe.
Je me précipitai dans ses bras.... Le feu me monta aux joues. Je le repoussai.... ce n'était peut-être pas lui... c'était peut-etre un étranger.... Me précipiter comme ça pour toucher un autre être vivant... non ça n'était pas moi !
Il me prit la main et m'attira à lui. Il m'embrassa avec passion. Il m'intima de lui suivre. Nous arrivâmes à une clairière qui me rappelait quelque chose que j'avais lu sur la Première Guerre.
Il se retourna vers moi et me sourit en secouant la tête... Il avait dû entendre ce que je pensais.

- Toujours en train de réfléchir! s'exclama-t-il

Je ne répondis pas. Il avait raison.
Il m'embrassa de nouveau. Il était toujours nu... encore. Il délassa la bride de cuir qui retenait mes cheveux couleur d'automne, puis dans un geste délicat il repoussa ma robe de mes épaules.
Il m'embrassa tendrement le cou , et toujours délicatement, enleva mon corsage.
J'étais à demi nue face à lui. J'étais gênée mais en même temps, mon corps le réclamait.

Nous passâmes toute la nuit, enlacés. Au matin, quand je me réveillai, j'étais à nouveau dans mon lit, sous ma tente.
Je ne pouvais pas avoir rêvé ce que nous avions fait cette nuit. C'était impossible.

Mes compagnons avaient fini leurs fouilles et voulurent repartir. Je leur expliquai que j'avais trouvé quelque chose d'intéressant dans la forêt mais que je ne pouvais le voir que la nuit. Que ce n'était pas encore complètement sûr et que je préférai m'assurer de la trouvaille avant de repartir avec eux.
Nous convînmes qu'ils partiraient vers le sud et que je resterais là le temps de finir ce que j'avais à faire. Quand j'en aurais fini avec mon investigation, je les rejoindrai.

La nuit suivant leur départ, je m'enfonçai de nouveau dans la forêt pour le retrouver.

Quelques temps passèrent et mon ventre commençait à s'arrondir. Il avait compris que notre amour avait produit un fruit en moi. J'étais très heureuse mais également apeurée.
Depuis ce jour, je le sentais très distant. Puis je ne le vis plus. J'attendis plusieurs jours. Plusieurs semaines. Je regardais à travers la fenêtre de la petite maison que nous avions construite au fil des mois passés ensemble.
J'étais comme ma mère, je mourais d'amour.

Un jour de plus où je regardais l'horizon, un écureuil vint près de moi. Il s'agitait, comme s'il me demandait de le suivre.
Je sortis de la maison et vis sa famille. Je me baissais pour en caresser un. Il frotta son museau contre mes doigts. J'entendis soudain du bruit dans un buisson. Un renard et sa famille en sortir. Ils vinrent vers moi et s'assirent.
J'avais le sentiment que les animaux devaient être réunis pour cet enfant du dieu de la forêt.

Je ne pris pas la peine de fermer la porte ou de prendre des affaires, je suivis l'écureuil qui m'avait sorti de chez moi.
Nous marchions depuis quelques mètres lorsque je me retournai pour voir la maison... Il n'y avait que des arbres. Comme si elle n'avait jamais existé. Je l'avais peut-être rêvée....
Je continuai à suivre les animaux de la forêt. Nous arrivâmes à une rivière. De l'autre côté se tenait un énorme ours, au poil brun, il mesurait bien trois ou quatre mètres sur ses pattes arrières.
Il se montrait menaçant envers un buisson. En observant mieux je vis que ce buisson dissimulait, un petit ours au poil noir. Il avait comme un V en or sur son torse. Il était apeuré.
Je ne pouvais laisser faire ça. Je traversai la rivière et hurlai au le gros ours de le petit laisser tranquille.

Me voyant, il s'approcha de moi, mais resta à une distance convenable. Il renifla l'air autour de moi.

- tu es sa femme? Dit-il
- de quoi tu parles? lui répondis-je
- Le seigneur de la forêt a encore frappé, tu n'es rien pour lui !

Et sur ces paroles il partit. Autour moi s'étaient réunis des loups géants pour me défendre en cas d'attaque de l'ours féroce.
Je tendis la main à l'ours noir qui se releva. Sous lui, un plus petit était caché. Je lui caressai le museau et nous nous remîmes en route.

Faith