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vendredi 26 mai 2017

Interlude #3 - La famine


Il était affamé. Il faisait nuit et il n'y avait rien d'ouvert. Il se leva et s'attaqua aux restes du rôti dans son frigo. Puis la purée. Les légumes. Le fromage.... Il avait faim, très faim. Il se dit que ce n'était pas raisonnable de faire cuire des pâtes en plus de ce qu'il avait mangé.
Il alla se recoucher. Il réussit à se rendormir malgré tout.

Le soleil était déjà haut dans le ciel quand il se réveilla. Il sentit quelque chose d'humide à côté de lui, il se demanda ce que c'était et il ouvrit les yeux. Il était allongé sur une mare de sang. Il se leva d'un bond, très choqué. Il hurla le nom de sa femme... plusieurs fois... il n'eut aucune réponse.
Il remarqua qu'il n'y avait pas seulement du sang sur les draps mais également de la chair... des cheveux... un œil... un œil bleu... de la même couleur que ceux de sa femme.

Il était en état de choc... il ne savait pas quoi faire! Appeler la police? les secours? Non impossible!

Il reprit sa respiration et essaya de se concentrer de se rappeler ce qu'il s'était passé. Il eut quelques bribes de souvenirs de cette nuit là. Il se rappela l'avoir mordue puis déchiqueté sa chair.

Il avait mangé sa femme! Et il avait toujours aussi faim! Il ne pouvait le supporter. Il plongea sa main sous le lit et attrapa une boîte à chaussures qui contenait un revolver.
Il engagea une balle dans le barillet de l'arme, la mit sur sa tempe et tira.

Les médias s'emparèrent de cette macabre histoire faisant le lien avec d'autres affaires similaires de gens devenus subitement cannibales. Un véritable fléau.
Les journalistes adoraient se gaver de ce genre chose et plus le monde allait plus ils en faisaient des tonnes! A la télévision, certains avaient les yeux rougis et étaient existés dès qu'ils présentaient un fait divers sanglant. Ils ressemblaient à des drogués qui avaient droit à une dose de la meilleure drogue.

Mais les gens n'avaient pas faim que de nourriture, ils avaient faim de tout ce qu'ils pouvaient avoir de plus vicieux dans le monde. Succomber à ses envies jusqu'à la lie quoi de plus beau?

Il eut une montée des overdoses, de vols, de crises cardiaques dues à la pilule de l'amour, de meurtres. Les autorités elles-mêmes avaient arrêtés d'agir car les représentants de la loi eux aussi avaient des pulsions à assouvir!

Quand il vit un animateur de télévision dévorait un autre, il se mit à rire. Il se mit à tousser et à reprendre une inspiration grâce à sa bouteille d'oxygène.

Un de ses homme de mains l'aida à sortir de la longue limousine noire et à s'installer sur son fauteuil roulant pour l'amener au restaurant du coin. Il avait faim. Très faim.

Il était vieux, répugnant, maigre, n'avait presque plus de dents. Il se nourrissait des âmes de ces fous qui avaient succombé à leur faim la plus dévorante. Quand il ne resta plus rien il s'en alla, repu et laissa derrière lui une ville dévastée.

Faith

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jeudi 4 mai 2017

Interlude #3 - La guerre



Un jour un homme arriva dans une belle voiture de sport rouge. Il avait acheté le manoir qui surplombait le village. Il devait avoir une quarantaine d'années, il avait un visage sympathique, carré, des cheveux courts et légèrement grisonnant. Il souriait facilement aux gens et était très avenant.

Il s'intégra facilement et rapidement dans le village. Les gens trouvaient qu'il avait de très bonnes manières. Il prenait souvent son café le matin, après avoir acheté son journal, dans le troquet du coin.

Un jour, deux femmes s’installèrent près de lui et se mirent à discuter de choses et d'autres. Elles finirent par se confier leurs secrets l'une à l'autre. L'homme entendit certaines confidences et ne put s'empêcher d'intervenir. Au début les deux femmes furent surprises... De quoi se mêlait il?
Mais sa voix était apaisante et ses conseils réconfortants.

Il savait comme leur parler il avait fait un peu de psychologie durant sa jeunesse.

Finalement les deux femmes s'installèrent à sa table et continuèrent à se confier et lui continua à prodiguer des conseils. A la fin de la matinée, il les salua et repartit chez lui. Les deux femmes se dirent qu'elles pourraient appliquer les conseils de l'homme.

A force de parler aux gens, que ce soit à la boulangerie, chez le coiffeur, au café, à l'épicerie, il connaissait beaucoup de secrets sur les uns les autres. Il essayait de les aider du mieux qu'il pouvait. Les gens avaient confiance en lui car ils se sentaient apaiser une fois qu'ils s'étaient confiés.

Un jour, dans ce village paisible, un mari tua sa femme à coup de fusil après être rentré saoul du bar.
Personne d'abord ne comprit pourquoi, ce couple était ensemble depuis plus de trente ans, il travaillait dans les champs et elle était secrétaire au cabinet médical du village. Ils avaient l'air heureux.

Les gens du village ne tardèrent pas à apprendre que la femme avait un amant depuis plus de 15 ans et que c'était le gérant de l'épicerie. D'ailleurs elle était fermée depuis quelques jours. Juste après l'enterrement. Un des habitants s'inquiéta. D'accord il s'était envoyé en l'air avec la défunte mais c'était étrange qu'il porte autant le deuil.
Les villageois ouvrirent de force la boutique et le retrouvèrent pendu. Au début ils pensèrent tous à un suicide. Mais le trou béant dans sa poitrine signifiait qu'on avait orchestré tout ça et on avait voulu le faire passer pour un suicide.

Une semaine passa après ce nouveau drame. La vie avait repris son cours. Les gens pensaient que c'était une histoire isolée et certains même en riaient.

Une violente bagarre qui envoya trois hommes à l'hopital et un autre à la morgue éclata dans le bar. Le fils du père meurtrier n'appréciait pas qu'on se moque de sa mère volage et de son père cocu.
Certaines personnes trouvèrent que son coup de colère était normal. Après tout c'était une réaction légitime. D'autres pensèrent qu'il était allé beaucoup trop loin.

Le village commença à se diviser en deux.

Les accès de colère et les meurtres continuèrent. Les gens avaient besoin de régler leur compte une bonne fois pour tout. Le village paisible eut bientôt plus de morts que de vivants, les bâtisses brûlaient et les commerces avaient fermés.


Dans une nuit sombre, des phares s'allumèrent, un moteur vrombit. L'homme sympathique se mit au volant de la voiture. Ses yeux prirent la couleur d'un rouge sombre. Un sourire narquois et emplit de malice illumina son visage.
Il partit du village. Il y en avait tant d'autres.


La Guerre ne faisait que commencer.


Faith

samedi 11 mars 2017

Interlude #2 - La cage est ouverte



Lorsque son pied toucha le sol, la terre se craquela et un liquide noir se répandit tout au long des fissures.
Il eut un sourire malfaisant, un sourire d'une blancheur divine. Ses longs cheveux noirs flottèrent autour de lui grâce le souffle provoquait par sa libération.
Ses yeux d'un vert perçant se posa sur ce nouveau monde à conquérir.

Il se demandait si son Père le regardait.

Sa chère fille s'était sacrifiée pour lui. Elle avait plongé dans les enfers les plus profondes en entraînant l'âme la plus pieuse qu'elle pouvait trouver sur cette sainte Terre. L'esprit de cet homme avait plongé avec elle, il en était devenu fou et avait commis les pires atrocités qu'il s'était juré de ne jamais commettre de son vivant.

Elle avait déverrouillé sa cage par son sacrifice.

Il sourit en pensant que son Père lui avait tout de même laissé une porte de sortie malgré ce qu'il avait fait à ses enfants, à son fils, à son propre nephalem.

Il était remonté à la surface, cela avait pris du temps mais il y était arrivé. Maintenant il assouvirait sa vengeance.

Il huma cet air rempli de souffre, mais par delà cette odeur il sentit quelque chose de pourri dans ce monde. Les cafards qui avaient grouillé sur cette terre n'avaient donc pas tardé à s’entre-tuer... Il n'aurait donc aucun mal à corrompre quelques âmes supplémentaires et à réduire ce monde en cendre.


Faith

jeudi 23 février 2017

Interlude #1 - Les nephalem


Nephalem


Il avait un autre projet, il les avait crées et les avait laissés vivre pendant quelques temps, une fraction de seconde pour lui.

Lui, il trouvait ses créations tellement futiles et inutiles alors que lui et ses frères étaient des êtres parfaits! Ils gardaient le contrôle de leurs émotions, ils ne mourraient d'aucune maladie, de faim, de soif et ne se faisaient pas perpétuellement la guerre. 
Mais leur père avait décidé de faire une expérimentation. Il voulait être vu des humains. La seule chose, c'est que s'il se montrait tel qu'il était, les primates peuplant la Terre mourraient instantanément devant lui... 
Au final il ne sut pas quel était son projet. 

Il continuait ses journées ainsi, il marchait sur les nuages à observer de temps en temps ces êtres qui gesticulaient. Il se demandait pourquoi son père les observait encore, pourquoi il s'embêtait à en rapprocher certains. Mais il ne devait pas poser de questions, pourtant on aurait dit un enfant qui jouait avec des poupées.
Il se demandait pourquoi il ne le regardait plus, lui qui était si fort, si grand et si majestueux. Il était le plus beau d'entre tous ces enfants. Il avait de longs cheveux noirs et lisses qui flottaient dans le vent, il avait les yeux d'un vert étincelant, son visage très masculin avec une mâchoire carrée, des pommettes hautes et saillantes.
Il était le plus grand d'entre tous d'au moins une tête. Son torse fort et musclé, comme tout le reste de son corps était imberbe, ce qui laissait une peau lisse et douce. Ses ailes étaient d'un blanc éclatant et chacune de ses plumes étaient parfaites.  
Son odeur était envoûtante, sa voix sombre et grave. Il dégageait une forte aura séductrice et il le savait, il en abusait au près de ses frères pour obtenir ce qu'il voulait.
Il n'était pas que magnifique, il était également très intelligent et savait que toutes les émotions qu'il n'aurait dû éprouver telles que la passion, la colère, la jalousie, il devait les garder cachées.
Il lui arrivait d'avoir envie d'user et abuser de ses pouvoirs pour brûler ses insectes qu'observait son père.

Il n'était pas là  le jour où ça arriva. Tout ce dont il se souvenait c'est que sa rage s'était déchaînée et qu'il avait tué plusieurs de ses frères d'un seul coup de main! Ce n'était que ses petits frères, les derniers qu'il avait crée avant de les faire eux, les humains.
Il était interdit! Interdit d'en créer un comme ça! Son père s'était abaissé à ça! Il avait commandé à un de ses frères de rendre visite à une jeune humaine et de la féconder! Il s'était quelque peu mêlé à lui pour qu'il puisse se réincarner en cet enfant.
Son frère avait donc partager la couche d'un couple d'une jeune vierge et son vieil époux et dans la nuit lui avait mis un fils dans le ventre.

Il avait créé un Néphalem!

Un être moitié humain moitié divin. 

Il leur avait défendu, interdit d'aller se reproduire avec ses créations ou de se reproduire entre eux, ils devaient rester tels des statues de glace.

Il ne se contint plus. 

Son père se retourna enfin vers lui et ne le comprit pas. Il était un être parfait.

Pas assez parfait pour lui apparemment! Il ne les admirait plus, il les laissait là, il les avait abandonnés au profit de vermisseaux insignifiants.

Pourtant il lui répéta que c'était son favori, il ne comprenait pas sa réaction.

Il le voyait rassembler les bouts de ses jeunes frères pour les recoller et les ressusciter. Son père lui ordonna de partir un peu plus loin pour se calmer, il ne voulait pas se disputer avec lui. Il n'avait pas à remettre en cause ses choix.

Malheureusement, sa colère ne descendit pas! Il ne put s'empêcher de remarquer que ce fils, ce nephalem, avait encore plus d'importance que tout. Il avait grandi, il avait répandu sa parole.

Un cri terrifiant déchira le ciel.

Il ne tint plus. 

Il échappa à sa surveillance divine et aux yeux de ses frères et il descendit sur Terre, parmi les mortels. Il avait élaboré ce plan depuis fort longtemps mais il s'était convaincu depuis peu que c'était le seul moyen pour le ramener à la raison.

Le véhicule humain qu'il choisit lui ressemblait trait pour trait. Il n'eut donc aucun mal à trouver une femelle. Enfin il n'en trouva pas qu'une. Beaucoup de ces femelles voulaient goûter à ses charmes. Il s'avoua que les plaisirs charnels étaient une des choses qu'il aurait aimé découvrir beaucoup plus tôt.

Il finit par se constituer un harem, on lui vénéra un culte. Mais l’œil divin ne vint toujours pas l'importuner. Il était braqué sur ce gringalet aussi insignifiant qu'un mulet.

Il ne tarda pas à avoir un fils. Il laissa quelques instructions sur un bout de parchemin qu'il confia à la mère et lui demanda de lui remettre à l'âge de 20 ans. La femme ne sut lire le parchemin, c'était écrit en langage divin, seul son garçon pourrait le lire même s'il ne l'avait appris.

Il reprit sa forme originel et repartit d'où il venait.

Il put constater que son père ne regardait plus son dernier rejeton si important pour lui mais bien ce fils qu'il avait aimé plus que tout et qui venait de le trahir.

Il était à la fois en colère, déçu et triste. 

Mais de voir tant de désinvolture de sa part, son père ne ressentit bientôt plus que de la haine et de la colère. Il l'enchaîna à un énorme rocher avec des chaînes divines. Le serpent maléfique qui avait tenté la première femme sur Terre faisait couler son venin mortel sur son visage.
Et il fut demandé au plus vieux de ses frères de lui arracher ses ailes.

Il n'eut jamais aussi mal de sa vie. C'était au delà de la souffrance.

Une fois que ces ailes furent arrachées on le détacha et on le laissa tomber sur Terre.

Il traversa le monde et atterrit dans la plus glaciale des prisons.

Il se retrouva en cage.

A travers ses barreaux qu'il ne pourrait franchir il laissa couler de son sang qui se mélangea à la terre rouge et noir qui entourait sa geôle. De ce sang naquit les premiers démons qui devinrent ses yeux et ses oreilles sur Terre.
Il sut ainsi que son garçon avait tué son fils à lui. Il avait tenté de le ressusciter mais en vain. Pourtant on l'informa que cela avait permis à son père d'avoir encore plus d'influence sur les humains...
Il ne pouvait le tolérer. 

Quelques temps plus tard, sa première fille, son premier démon l'informa qu'elle avait tout fait pour que son culte à lui soit bien encré dans la tête des hommes. 

Elle ferait tout pour le libérer et libérer le chaos sur Terre.

Elle provoquerait l'apocalypse.


Faith