jeudi 4 mai 2017

Interlude #3 - La guerre



Un jour un homme arriva dans une belle voiture de sport rouge. Il avait acheté le manoir qui surplombait le village. Il devait avoir une quarantaine d'années, il avait un visage sympathique, carré, des cheveux courts et légèrement grisonnant. Il souriait facilement aux gens et était très avenant.

Il s'intégra facilement et rapidement dans le village. Les gens trouvaient qu'il avait de très bonnes manières. Il prenait souvent son café le matin, après avoir acheté son journal, dans le troquet du coin.

Un jour, deux femmes s’installèrent près de lui et se mirent à discuter de choses et d'autres. Elles finirent par se confier leurs secrets l'une à l'autre. L'homme entendit certaines confidences et ne put s'empêcher d'intervenir. Au début les deux femmes furent surprises... De quoi se mêlait il?
Mais sa voix était apaisante et ses conseils réconfortants.

Il savait comme leur parler il avait fait un peu de psychologie durant sa jeunesse.

Finalement les deux femmes s'installèrent à sa table et continuèrent à se confier et lui continua à prodiguer des conseils. A la fin de la matinée, il les salua et repartit chez lui. Les deux femmes se dirent qu'elles pourraient appliquer les conseils de l'homme.

A force de parler aux gens, que ce soit à la boulangerie, chez le coiffeur, au café, à l'épicerie, il connaissait beaucoup de secrets sur les uns les autres. Il essayait de les aider du mieux qu'il pouvait. Les gens avaient confiance en lui car ils se sentaient apaiser une fois qu'ils s'étaient confiés.

Un jour, dans ce village paisible, un mari tua sa femme à coup de fusil après être rentré saoul du bar.
Personne d'abord ne comprit pourquoi, ce couple était ensemble depuis plus de trente ans, il travaillait dans les champs et elle était secrétaire au cabinet médical du village. Ils avaient l'air heureux.

Les gens du village ne tardèrent pas à apprendre que la femme avait un amant depuis plus de 15 ans et que c'était le gérant de l'épicerie. D'ailleurs elle était fermée depuis quelques jours. Juste après l'enterrement. Un des habitants s'inquiéta. D'accord il s'était envoyé en l'air avec la défunte mais c'était étrange qu'il porte autant le deuil.
Les villageois ouvrirent de force la boutique et le retrouvèrent pendu. Au début ils pensèrent tous à un suicide. Mais le trou béant dans sa poitrine signifiait qu'on avait orchestré tout ça et on avait voulu le faire passer pour un suicide.

Une semaine passa après ce nouveau drame. La vie avait repris son cours. Les gens pensaient que c'était une histoire isolée et certains même en riaient.

Une violente bagarre qui envoya trois hommes à l'hopital et un autre à la morgue éclata dans le bar. Le fils du père meurtrier n'appréciait pas qu'on se moque de sa mère volage et de son père cocu.
Certaines personnes trouvèrent que son coup de colère était normal. Après tout c'était une réaction légitime. D'autres pensèrent qu'il était allé beaucoup trop loin.

Le village commença à se diviser en deux.

Les accès de colère et les meurtres continuèrent. Les gens avaient besoin de régler leur compte une bonne fois pour tout. Le village paisible eut bientôt plus de morts que de vivants, les bâtisses brûlaient et les commerces avaient fermés.


Dans une nuit sombre, des phares s'allumèrent, un moteur vrombit. L'homme sympathique se mit au volant de la voiture. Ses yeux prirent la couleur d'un rouge sombre. Un sourire narquois et emplit de malice illumina son visage.
Il partit du village. Il y en avait tant d'autres.


La Guerre ne faisait que commencer.


Faith

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