lundi 15 mai 2017

N



N


Le sang coule de tes entrailles, une poche se perce à l’intérieur de toi. Tu écartes les cuisses pour que je passe. Je vois enfin le jour, je sors de ta matrice infâme. Je me lève et je grandis, je m’approche de toi, et je commence par te regarder. Tu as peur, tous tes membres tremblent. Tu n’es rien. Tu n’as servi à rien. Tu as engendrée un monstre, que veux-tu, il faut que je te tue. Tu pourras mourir jeune, en bonne santé, et pas encore trop apeurée. Je te sauve la mort, je sauve ton salut, si tu en as besoin. Ton monde croit à ses balivernes alors pourquoi suis-je née, pour tuer ?

Je te détesterai mais je t’aimerai également, jusqu’au jour où toi aussi je te mangerai.

Ta chair si jeune si fraîche, souple entre mes doigts tendre entre mes dents je te déchiquette et ne laisse pas une miette.

Pourquoi suis-je née ?

Je sèmerai le chaos, mais il est encore trop tôt, je viens juste de naître. Je vais encore un peu grandir, il faut me nourrir. Humains ! Venez à moi, vous êtes là, le banquet peut commencer, on va bien s’amuser.

Je récolterai le sang, le règne, et la gloire, vous mourrez pour m’avoir créé, pour m’avoir appelée du fond des abysses. Je vous détesterai pour mieux vous apprécier… votre chair n’en sera que plus délicieuse.

Je brûlerai votre culte, je descendrai votre dieu, et je le torturerai devant vos pauvres yeux, je le dépècerai et vous le donnerai, puisque tous, vous voulez être ce dieu.

Dans la forêt je survis, je reste là, à dormir sous les arbres, à me camoufler derrière les fougères. Il y a tant à voir, après le chaos une douce pluie est tombée sur mon visage, ma colère s’est transformée en tristesse, j’ai ressenti votre haine quand j’ai croqué votre cœur. Je regrette tant, vous m’avez rendue malade. Je pars de votre monde, je savais que j’étais née pour détruire le monde mais c’est le monde qui m’a détruit, il est sale et corrompu. On m’avait dit qu’il y avait des endroits paisibles que je devais détruire mais les seuls que j’ai trouvé n’étaient peuplés que d’arbres et d’animaux.

Le feu s’éteint et je ne pourrais le rallumer, jamais ça n’en finira.


Fin


Faith

samedi 13 mai 2017

Slave



Slave




Ils étaient agenouillés sur un haut mur de pierre recouvert de sable dorée. Sous eux, une immense forêt, mais personne ne savait ce qu'il y avait sous les arbres. Personne n'avait eu le droit de descendre, ce n'était pas autorisé. Ils étaient des esclaves du bas, ils n'avaient droit que d'obéir et de regarder l'horizon en attendant la fin.

Au dessus d'eux des "un peu moins" esclaves qu'eux tenaient une arme sur leur tête. Certains étaient nouveaux, leur mission : abattre un esclave du bas quand on leur ordonnait. Au début ce n'était pas simple, ils prenaient une vie humaine, et le sang collé avait du mal à partir. On ne leur donnait pas l'autorisation de l'enlever de toute façon.

Ils avaient en permanence l'armée collée au crâne de l'esclave du bas et quand on leur donnait l'ordre ils ne devaient pas hésiter et tirer.

Au dessus de ces "un peu moins" esclaves, il y avait les "moins" esclaves qui devaient les abattre s'ils n’exécutaient pas leur ordre. Et s'ils ne tuaient pas l'esclave du bas le "un peu moins" esclave était abattu et remplacé.

Alors le "un peu moins" esclave sentait le canon de celui de derrière froid sur son crâne, il était tétanisé, parfois il pleurait, mais sa vie contre un esclave du bas : JAMAIS.

Alors il tirait. Et le corps de l'esclave du bas tombait mollement vers le bas. Le mur était tellement haut qu'on entendait pas le bruit du corps.

Un jour, dit on, un esclave du bas en a eu assez. Il s'est levé. Ce qui était interdit! Il pris appui sur ses jambes et sautant en l'air. Ceux du haut fur ébloui, son corps brillait face au soleil couchant.

On dit que lorsque cet esclave du bas ouvrit les bras, ce sont des ailes qu'on a vu. Il avait pu fuir ses maîtres. Il vola. On dit qu'il passa les montagnes. Par delà ces montagnes on raconte qu'il devenu roi.


Alors certains esclaves du bas firent de même. Certains ne volèrent pas et s'écrasèrent en bas, d'autres n'eurent pas le temps de sauter. Mais pour ceux qui passaient ces montagnes ils étaient seigneurs et riche.

les esclaves du bas avaient un espoir. Mais pas ceux qui étaient "un peu moins" esclaves ou ceux "moins" esclaves. Car en gravissant les échelons ils oubliaient d'avoir de l'espoir, ils devenaient de plus en plus des exécutants sans réfléchir. Ils étaient plus haut sur la marche donc en sautant ils seraient morts. Une chaîne les rattachait de plus en plus à cette pyramide sociale.

Mais le roi de par delà des montagnes, dit on ancien esclave du bas, promettait richesse et liberté à tous, peu importe à quel niveau de la pyramide on appartenait. Car si tous les esclaves du bas s'en allaient c'était ceux qui étaient "un peu moins" esclave qui devenaient des esclaves du bas et ceux "moins" esclaves qu'eux qui prenaient leur place.


Fin




Faith

mercredi 10 mai 2017

Cénarius #4



Cénarius


**suite**

Je le vis sous sa forme primaire, celle du demi-cerf. Il se retourna vers moi. Il m'attendait.
Je me sentis grandir. Je reprenais ma forme de demi-elfe. Je compris dans ses yeux qu'il y avait un danger, quelque chose qui n'allait pas.

- Je l'ai vu le prendre. Je l'ai vu prendre mon garçon, me dit il d'une voix tremblante
- C'était toi, tu me l'as volé ! hurlai-je de rage
- Non... J'ai été retenu... prisonnier, pendant ces derniers mois.

Je remarquai à la lueur de la lune qui ce soir là était pleine, des cicatrices sur son corps. Il n'était pas parti parce qu'il ne m'aimait plus. Il était parti nous protéger mais il avait rencontré plus fort que lui. Je savais que dans ce monde, il pouvait y avoir plus fort et plus cruel qu'un simple demi-dieu.

Il me fit monter sur son dos et me demanda de m'accrocher. Il arriva au coeur de la forêt sombre, où j'avais sauvé les loups. Une vieille femme s'y tenait, elle était vêtue de noir .... enfin c'était comme si les ombres du sol la recouvraient. A sa droite se tenait l'ours féroce que j'avais rencontré il y a quelques mois. Celui qui avait semé le doute dans mon esprit.
La vieille femme tenait quelque chose dans ses bras. Mon coeur se mit à battre.... je crus que le monde s'écroulait autour de moi. Je le vis... ce tout petit être à qui j'avais donné la vie. Mon garçon.
Je vis une lame briller dans l'un des mains de la sorcière.
Dans un hurlement de rage je tendis la mienne vers elle. Je fis un geste brusque comme si je voulais lui arracher son coutreau des mains. Son bras se souleva violemment et l'arme quitta sa main meurtrière. Le vent était avec moi.
Je vis Cénarius foncer sur l'ours géant et l'embrocher de ses bois de cerf. La sorcière avait eu le temps de prendre mon fils part la cheville et menaça de le détruire par un sort malfaisant. D'un geste de l'autre, tout aussi violent, vers elle ce ne fut pas du vent qui en jaillit mais du feu qui lui brûla le visage.
J'avais l'impression de prier les éléments et qu'ils me répondaient.

Elle continua à le menacer. Ma rage monta encore plus. Je ne me reconnaissais plus. Mon corps trembla et je levai les bras au ciel. Un maelstrom se forma au-dessus de nos têtes, brisant la cime des arbres. Le tonnerre se fit entendre.
Je regardai la sorcière droit dans les yeux et abattis mes bras vers le sol. La foudre suivit mon mouvement jusqu'au corps de cette femme impie. Cénarius attrapa notre enfant et courut vers moi. Il savait que la foudre ne lui ferait rien, elle n'était pas dirigée vers lui.

La vieille femme fut réduite en cendre. Les ombres noires se dissipèrent. La forêt sinistre redevint comme elle était à l'origine, verte et luxuriante. Les anciens dieux ténébreux avaient trouvé un nouveau véhicule pour reprendre leur droit sur notre monde...

Dans cette nuit, Cénarius me prit comme femme, et se mêlant à lui nous conçûmes une fille pour perpétuer la lignée des chamans.

J'acquis également mon immortalité pour être à jamais à ses côtés. De toutes compagnes qu'il a vait eues j'étais la seule qui avait survécu.
J'étais la seule qui n'avait pas était effrayée par cet enfant différent, par cet enfant qui n'était ni humain, ni elfe, ni d'aucune autre race connue. Il était un enfant de la forêt.
J'étais la seule qui n'était pas effrayée par sa forme originelle, la seule qui était entrée sans le vouloir dans le rêve d'émeraude, qui l'avait vu. La seule qui avait compris le sens onirique.

J'étais également la seule à avoir conçu un garçon avec lui. Il n'avait eu que des filles, des filles qui lui ressemblaient, avec moitié elfe, moitié biche.

J'étais également la seule à avoir conservé des pouvoirs après la mise au monde de l'enfant.

Ce qui signifiait que j'étais un être magique. Que j'étais spéciale.


Fin


Faith

dimanche 7 mai 2017

Cénarius #3



Cénarius 


**suite**

Les loups géants nous guidèrent. La forêt était devenue sombre, comme malfaisante. Plus nous nous enfoncions, plus les arbres devenaient noirs, plus aucun oiseau ne chantait, et nous ne voyions presque plus nos pieds tellement il faisait sombre.
Les loups nous amenèrent à d'autres plus grands encore. Je compris que ceux qui nous avaient accompagnés étaient des enfants. Les grands loups étaient couchés sur le flanc. Je vis, malgré tout, leurs corps maculés de sang . Ils avaient du mal à respirer.
Je m'approchais d'eux sans crainte. Je me mis à genoux près d'eux et touchai leurs cicatrices ouvertes. Je sentis de la chaleur me parcourir le corps et arriver jusque dans ma main. Une légère lueur blanche en sortit. Petit à petit je compris que cette lumière permettait de soigner. Je passai ma main sur les loups et les guérissai ainsi. J'avais l'impression que ce pouvoir venait de l'enfant qui grandissait dans mon ventre.
Après tout il était l'enfant d'un demi-dieu.

Une fois les loups remis sur pieds, ils nous accompagnèrent dans notre voyage. Nous quittions cette forêt sombre et sinistre pour la forêt que je connaissais.
Toutes les nuits où nous dormions, je pleurais mon amour. Je repensais à cet ours qui m'avait dit que je n'étais rien pour lui. C'était un être éternel. Il s'était juste assuré de sa descendance. Et avec combien d'autres il s'en était assuré! Je ne souhaitais qu'une chose : qu'il me tue quand il aurait repris son enfant. Je ne voulais plus souffrir ainsi. Je ne voulais pas finir comme ma mère avec une plaie béante dans le coeur.

Nous marchâmes des jours à travers cette forêt. Je suppose que les animaux essayaient en vain de retrouver leur seigneur. Nous dûmes nous arrêter tôt un jour. Mon ventre se contractait. Je sentais que mon enfant allait naître.
Je le mis au monde au plus profond de la nuit. Là où le ciel était le plus noir. Cette nuit-là, la lune était absente. C'est à la lueur des étoiles que je vis son visage. C'était le père de mon enfant sous la forme d'elfe de la nuit. Sa peau était plus claire mais ses cheveux étaient tout aussi noirs. Je pris mon enfant dans mes bras. Malgré cette pénombre je vis ses yeux. Ils avaient la couleur des cheveux de ma mère, la couleur du miel. Des yeux d'ambre.
C'était peut-être la dernière fois que je le voyais. Une vague de chagrin m'envahit au plus haut point. Mon coeur venait de se briser. Je me mis à hurler, à prier le vent, les feuilles des arbres, les fleurs. Je sentis une tempête se lever tout autour de moi. Je déposai mon enfant dans un lit de feuilles mortes d'un chêne.

Je me mis à hurler encore plus de chagrin. La douleur ne s'arrêtait pas. Mes larmes coulaient. Tout autour de moi se mit à prendre vie. Des arbres se mirent à pousser, des fleurs à les recouvrir. Le vent qui commençait à faire rage secoua ces arbres. Les feuilles qui avaient récemment poussé dessus, tombèrent et recouvrirent mon corps, pour former un habit sylvestre.

A travers cette tempête, je le vis. Je vis mon amour. Il prit mon fils dans ses bras. Je ne pus bouger, comme prise dans des lianes. Je crus mourir ce jour-là.
Je ne sais combien de minutes, d'heures ou de jours, je restai immobile. Mais je savais que je devais les rattraper. Je devais être rapide et discrète. Quand je pus bouger, je me mis à courir. Ce n'est qu'en arrivant à une rivière que je me vis dedans. J'étais devenu un loup géant. J'en avais emprunté le corps d'un ou j'étais réellement devenue un loup, je ne sais pas.

En tout cas l'odeur, son odeur, je la distinguai parmi des milliers d'autres.

Faith

jeudi 4 mai 2017

Interlude #3 - La guerre



Un jour un homme arriva dans une belle voiture de sport rouge. Il avait acheté le manoir qui surplombait le village. Il devait avoir une quarantaine d'années, il avait un visage sympathique, carré, des cheveux courts et légèrement grisonnant. Il souriait facilement aux gens et était très avenant.

Il s'intégra facilement et rapidement dans le village. Les gens trouvaient qu'il avait de très bonnes manières. Il prenait souvent son café le matin, après avoir acheté son journal, dans le troquet du coin.

Un jour, deux femmes s’installèrent près de lui et se mirent à discuter de choses et d'autres. Elles finirent par se confier leurs secrets l'une à l'autre. L'homme entendit certaines confidences et ne put s'empêcher d'intervenir. Au début les deux femmes furent surprises... De quoi se mêlait il?
Mais sa voix était apaisante et ses conseils réconfortants.

Il savait comme leur parler il avait fait un peu de psychologie durant sa jeunesse.

Finalement les deux femmes s'installèrent à sa table et continuèrent à se confier et lui continua à prodiguer des conseils. A la fin de la matinée, il les salua et repartit chez lui. Les deux femmes se dirent qu'elles pourraient appliquer les conseils de l'homme.

A force de parler aux gens, que ce soit à la boulangerie, chez le coiffeur, au café, à l'épicerie, il connaissait beaucoup de secrets sur les uns les autres. Il essayait de les aider du mieux qu'il pouvait. Les gens avaient confiance en lui car ils se sentaient apaiser une fois qu'ils s'étaient confiés.

Un jour, dans ce village paisible, un mari tua sa femme à coup de fusil après être rentré saoul du bar.
Personne d'abord ne comprit pourquoi, ce couple était ensemble depuis plus de trente ans, il travaillait dans les champs et elle était secrétaire au cabinet médical du village. Ils avaient l'air heureux.

Les gens du village ne tardèrent pas à apprendre que la femme avait un amant depuis plus de 15 ans et que c'était le gérant de l'épicerie. D'ailleurs elle était fermée depuis quelques jours. Juste après l'enterrement. Un des habitants s'inquiéta. D'accord il s'était envoyé en l'air avec la défunte mais c'était étrange qu'il porte autant le deuil.
Les villageois ouvrirent de force la boutique et le retrouvèrent pendu. Au début ils pensèrent tous à un suicide. Mais le trou béant dans sa poitrine signifiait qu'on avait orchestré tout ça et on avait voulu le faire passer pour un suicide.

Une semaine passa après ce nouveau drame. La vie avait repris son cours. Les gens pensaient que c'était une histoire isolée et certains même en riaient.

Une violente bagarre qui envoya trois hommes à l'hopital et un autre à la morgue éclata dans le bar. Le fils du père meurtrier n'appréciait pas qu'on se moque de sa mère volage et de son père cocu.
Certaines personnes trouvèrent que son coup de colère était normal. Après tout c'était une réaction légitime. D'autres pensèrent qu'il était allé beaucoup trop loin.

Le village commença à se diviser en deux.

Les accès de colère et les meurtres continuèrent. Les gens avaient besoin de régler leur compte une bonne fois pour tout. Le village paisible eut bientôt plus de morts que de vivants, les bâtisses brûlaient et les commerces avaient fermés.


Dans une nuit sombre, des phares s'allumèrent, un moteur vrombit. L'homme sympathique se mit au volant de la voiture. Ses yeux prirent la couleur d'un rouge sombre. Un sourire narquois et emplit de malice illumina son visage.
Il partit du village. Il y en avait tant d'autres.


La Guerre ne faisait que commencer.


Faith

mercredi 3 mai 2017

Cénarius #2



Cénarius


**suite**

e sentis une main douce se poser sur mon visage. Quand j'ouvris les yeux, il n'était plus un demi cerf, mais un elfe de la nuit à la peau violette. Sa peau était sombre comme la nuit, mais ses yeux étaient preils à deux lucioles. Ses cheveux étaient noirs d'encre et tombaient sur ses épaules musclées.
Je recouvris de ma petite main blanche, la sienne, sa grande main chaude posée sur mon visage. Je fermai les yeux pour imprimer son image et la chaleur de cette main si douce.
Mon coeur ne cessait de battre fort dans ma poitrine. J'aurai voulu que ....
Je sentis ses lèvres contre les miennes. Tel un papillon. La douceur. Je sentis son visage contre le mien. Je sentis ses cheveux me chatouiller les joues. Son odeur était celle de la forêt. J'ouvris les yeux. Non je ne rêvais pas. Il était là devant moi, m'embrassant...
Je me rendis compte qu'il ne portait rien....
Je le repoussai,très gênée de la situation. Extrêmement gênée même!

- Ce n'était pas ce dont tu rêvais? Dit il de sa voix sombre et grave
- Un rêve? Non pas du tout !! repondis-je avec une voix suraïgue
- Si ! c'est ce que tu attendais depuis que tu as entendu parler de moi dans un livre sur la -première guerre.
- Pas du tout! Et comment le saurais-tu?
- Car tes rêves ne parlent que de ça...

Je n'osais plus bouger. On aurait dit une adolescence qui avait des posters d'Elite Tauren Chieftain et qui venait de rencontrer le guitariste... je n'étais pas stupide! Non j'étais une jeune femme pleine d'ambition, pragmatique et logique! Rien à voir avec une fillette écervelée.

Il m'embrassa de nouveau. Je ne pus résister, je lui rendis son baiser.

Mais le jour commençait à se lever, j'étais épuisée. Je fermai les yeux quelques instants. Quand je les rouvris je me retrouvai sous ma tente. Je me mis à rire seule. J'avais rêvé. J'avais juste rêvé.
Pendant toute la journée, je ne pus m'empêcher de penser à ce baiser, bien qu'il fût fictif, il paraissait tellement vrai.
Je souris amèrement, en me disant que je finirai comme ma mère, fanée par un amour qui n'est plus.
La nuit suivante je retournai à l'endroit où nous nous étions soi-disant embrassés. Je regardais autour de moi, le demi-dieu n'y était pas. Je me dis que ce que j'avais vu chaque nuit, n'était jamais arrivé. J'allais partir quand j'entendis du bruit derrière moi.
Je me retournai. C'était lui, sous sa forme d'elfe.
Je me précipitai dans ses bras.... Le feu me monta aux joues. Je le repoussai.... ce n'était peut-être pas lui... c'était peut-etre un étranger.... Me précipiter comme ça pour toucher un autre être vivant... non ça n'était pas moi !
Il me prit la main et m'attira à lui. Il m'embrassa avec passion. Il m'intima de lui suivre. Nous arrivâmes à une clairière qui me rappelait quelque chose que j'avais lu sur la Première Guerre.
Il se retourna vers moi et me sourit en secouant la tête... Il avait dû entendre ce que je pensais.

- Toujours en train de réfléchir! s'exclama-t-il

Je ne répondis pas. Il avait raison.
Il m'embrassa de nouveau. Il était toujours nu... encore. Il délassa la bride de cuir qui retenait mes cheveux couleur d'automne, puis dans un geste délicat il repoussa ma robe de mes épaules.
Il m'embrassa tendrement le cou , et toujours délicatement, enleva mon corsage.
J'étais à demi nue face à lui. J'étais gênée mais en même temps, mon corps le réclamait.

Nous passâmes toute la nuit, enlacés. Au matin, quand je me réveillai, j'étais à nouveau dans mon lit, sous ma tente.
Je ne pouvais pas avoir rêvé ce que nous avions fait cette nuit. C'était impossible.

Mes compagnons avaient fini leurs fouilles et voulurent repartir. Je leur expliquai que j'avais trouvé quelque chose d'intéressant dans la forêt mais que je ne pouvais le voir que la nuit. Que ce n'était pas encore complètement sûr et que je préférai m'assurer de la trouvaille avant de repartir avec eux.
Nous convînmes qu'ils partiraient vers le sud et que je resterais là le temps de finir ce que j'avais à faire. Quand j'en aurais fini avec mon investigation, je les rejoindrai.

La nuit suivant leur départ, je m'enfonçai de nouveau dans la forêt pour le retrouver.

Quelques temps passèrent et mon ventre commençait à s'arrondir. Il avait compris que notre amour avait produit un fruit en moi. J'étais très heureuse mais également apeurée.
Depuis ce jour, je le sentais très distant. Puis je ne le vis plus. J'attendis plusieurs jours. Plusieurs semaines. Je regardais à travers la fenêtre de la petite maison que nous avions construite au fil des mois passés ensemble.
J'étais comme ma mère, je mourais d'amour.

Un jour de plus où je regardais l'horizon, un écureuil vint près de moi. Il s'agitait, comme s'il me demandait de le suivre.
Je sortis de la maison et vis sa famille. Je me baissais pour en caresser un. Il frotta son museau contre mes doigts. J'entendis soudain du bruit dans un buisson. Un renard et sa famille en sortir. Ils vinrent vers moi et s'assirent.
J'avais le sentiment que les animaux devaient être réunis pour cet enfant du dieu de la forêt.

Je ne pris pas la peine de fermer la porte ou de prendre des affaires, je suivis l'écureuil qui m'avait sorti de chez moi.
Nous marchions depuis quelques mètres lorsque je me retournai pour voir la maison... Il n'y avait que des arbres. Comme si elle n'avait jamais existé. Je l'avais peut-être rêvée....
Je continuai à suivre les animaux de la forêt. Nous arrivâmes à une rivière. De l'autre côté se tenait un énorme ours, au poil brun, il mesurait bien trois ou quatre mètres sur ses pattes arrières.
Il se montrait menaçant envers un buisson. En observant mieux je vis que ce buisson dissimulait, un petit ours au poil noir. Il avait comme un V en or sur son torse. Il était apeuré.
Je ne pouvais laisser faire ça. Je traversai la rivière et hurlai au le gros ours de le petit laisser tranquille.

Me voyant, il s'approcha de moi, mais resta à une distance convenable. Il renifla l'air autour de moi.

- tu es sa femme? Dit-il
- de quoi tu parles? lui répondis-je
- Le seigneur de la forêt a encore frappé, tu n'es rien pour lui !

Et sur ces paroles il partit. Autour moi s'étaient réunis des loups géants pour me défendre en cas d'attaque de l'ours féroce.
Je tendis la main à l'ours noir qui se releva. Sous lui, un plus petit était caché. Je lui caressai le museau et nous nous remîmes en route.

Faith

samedi 29 avril 2017

Cénarius #1


Cénarius



Cénarius est un demi-dieu, il est le protecteur du monde des rêves. Ce que peu de monde sait, c'est qu'il peut changer de forme à volonté. Le haut de son corps est sensiblement le même que celui d'un elfe de la nuit, avec d'immenses bois de cerf au sommet de son front, mais le bas de est celui d'un cerf. Cela fait partie de son héritage.
Il se sent si proche des elfes de la nuit, qu'à force d'observation il a pu se changer en l'un d'entre eux. Quand il veut se mêler aux populations d'Azeroth il peut revêtir la forme d'un elfe de la nuit à la peau violet sombre et aux longs cheveux noirs. Il pourrait avoir de longs cheveux d'argents, mais il aimait bien les cheveux noirs, qui changeait de l'habiutelle chevelure elfique aussi vert que le fond de la forêt ou argentée comme la lune.

C'est en l'observant, discrètement (même si je pense qu'il savait que j'étais là) que je tombais follement amoureuse de lui. Je ne faisais pas parti du peuple qu'il affectionnait tant depuis des milliers d'années. Mais j'avais des ascendances elfiques. Mon père était humain et ma mère était une elfe à la peau très claire, aux cheveux de la couleur du miel, et aux yeux de la couleur des premières feuilles du printemps.
Mon père je m'en souviens vaguement. Il avait les cheveux et la barbe noirs... je ne me rappelle que d'une chose, quand il est parti. J'étais très jeune, il portait une armure d'argent. Je me souviens qu'il nous a dit "je pars pour sauver notre monde du fléau".

Je n'avais pas compris ce qu'il disait. Mais quand il ne revient pas ... Je vis ma mère rester à se faner près de la fenêtre du salon à regarder l'horizon, je compris. Ma mère aurait dû vivre encore des années. Les elfes, quelles que soient la couleur leur peau ou leur origine sont censés vivre beaucoup plus longtemps que les humains ou toute autre race du monde.
Je dis adieu à ma mère sur sa tombe et je partis de ma maison. Je partis explorer le monde. Je n'étais jamais allée au-delà de l'orée de la forêt. Ma mère me l'interdisait. Le monde était hostile pour moi, c'est ce qu'elle me répétait tous les jours. En voyageant je compris qu'effectivement, le mélange de race n'était pas courant, et il dérangeait. Je n'étais ni elfe, ni humaine, j'étais les deux. Je n'avais ma place nulle part.

Mais cela ne m'empêcha pas de trouver des gens qui m'acceptèrent. Avec eux, je pus encore plus voyager et observer le monde, découvrir certains de ses secrets. C'est comme ça que je le découvris lui. Cénarius. J'avais lu des tas de livres sur ce demi-dieu. J'avoue que c'était devenu presque une passion. Je savais qu'il était en vie.
Un jour alors que je m'enfonçais plus profondément dans la forêt, seule, je vis à travers des feuilles d'arbres d'abord un immense cerf. En voulant m'approcher discrètement pour mieux l'observer, je m'aperçus que le torse était humain. Mon coeur battait violemment dans ma poitrine. Je le rencontrais enfin. Je restais cachée. Je ne sais pas s'il me vit ou non, mais il fit comme si je n'existais pas.
Je partis, j'avais comme un sentiment de peur. Je ne dis rien à mes compagnons de voyage.

Nous devions rester plusieurs jours pour des fouilles archéologiques. Alors tous les soirs, je me rendais là où je l'avais vu. Très souvent il dormait, il rêvait. Il devait être dans le monde d'émeraude, le monde des songes, comme j'avais pu le lire.
Un jour, il ouvrit les yeux alors qu'il ne l'avait jamais fait auparavant, s'approcha de mon poste d'observation, et souleva les feuilles qui me cachaient. Je sentis le sol se dérober sous mes pieds, je crus mourir. Il était là, en face de moi. Créature divine.

Il baissa la tête pour arriver jusqu'à mon visage. Je fermai les yeux, j'avais peur. Allait il me rejeter me privant de toute occasion de le revoir?

Faith