Le monde du Dragon
Elle se réveilla sous la lune, dans l'herbe fraîche, elle avait froid mais elle avait connu pire. Elle se rapprocha de son compagnon, un gros loup blanc, pour s'y blottir.
Il ouvrit un oeil et observa l'humaine.
C'était une jeune femme, plutôt grande pour sa race. Ses cheveux auburn lui rappelaient les feuilles d'automne et ses yeux avaient la couleur de la forêt profonde où il l'avait trouvée lorsque ce n'était qu'une enfant.
Cela faisait des années qu'il était avec elle. Il ne savait pas combien de temps elle vivrait encore. Il essayait de ne pas s'y attacher. Il savait par contre qu'elle, elle le considérait comme un frère de meute.
Il se demandait parfois s'i elle se trouverait un compagnon humain pour faire des petits. Il comprenait cette nécessité pour une race si fragile. Lui aussi avait eu l'occasion de créer sa meute quand il était un jeune loup. Mais, le destin en avait décidé autrement, sa lignée avait dû s'éteindre depuis longtemps.
Il ferma les yeux et poussa un léger grognement, quand il sentit qu'elle s'était enfin installée confortablement sur lui.
Une fois blottie contre son loup, elle resta les yeux ouverts un long moment. Elle repensait au jour où ils s'étaient rencontrés. Elle n'avait pas de vraiment de souvenir précédent cet instant. Tout ce dont elle arrivait à se rappeler avant le loup c'était d'une créature bleue étrange et d'une forêt, cette forêt. La forêt dans laquelle elle avait grandi.
Quand elle avait rencontré le loup, elle était plus petite que maintenant, vraiment plus petite, elle n'avait pas compté mais au moins 15 ou 16 hivers étaient déjà passés.
Elle se souvenait qu'elle cherchait des glands à manger, et qu'elle était arrivée à une clairière.
Au milieu de cette place recouverte d'herbe douce et grasse, se tenait une énorme pierre couverte de lierre. La pierre était plate et lisse sur le dessus. Elle avait senti une forte odeur de sang et s'était approchée du bloc de granit. Au moment où elle arriva à son niveau, elle avait entendu un grognement et avait vu deux yeux jaunes dans la pénombre. Elle se retint de prendre la viande crue qu'elle avait repéré sur le dessus de la pierre. Elle préféra même y déposer quelques glands qu'elle avait glané auparavant. Son instinct lui disait que c'était le mieux à faire.
Elle avait reculé de la pierre et la bête aux yeux jaunes qui se tapissait entre les arbres, s'avança. la lumière passait à travers les feuilles des arbres, qui formaient une canopée au dessus d'eux. Elle vit son pelage blanc comme une neige fraîchement tombée du ciel.
C'était un loup géant, trois ou quatre fois plus gros et grand qu'un loup ordinaire. Debout, elle ne dépassait pas le haut de ses pattes !
Son cœur s'était mis à battre rapidement, pas de peur, non, mais d'excitation. Elle n'avait jamais vu de loup aussi grand. Elle ne se souvenait de n'avoir vu que cette créature à la peau bleue. Elle avait reconnu la viande et savait que c'était nourrissant car cette créature étrange lui en apportait de temps en temps.
Au moment où le loup la toisait de ses immenses yeux jaunes elle s'était demandée si c'était lui qui donnait la viande à la créature bleue qui lui donnait ensuite.
Elle s'approcha de l'animal sans aucune peur et lui demanda s'il était autorisé d'avoir de la viande en échange des glands qu'elle avait donné.
Le loup ne répondit pas.
Elle continua d'avancer et parla de la créature bleue. Elle lui dit qu'elle avait aussi deux objets à toujours à avoir sur elle, s'il voulait elle pouvait lui montrer. Elle ne savait pas pourquoi elle lui avait dit tout ça mais elle sentait qu'il la comprenait.
Le loup ne répondit pas.
Elle sortit de sa besace une pierre parfaitement ovale de couleur blanche avec des reflets bleutés enveloppée dans une immense feuille de frêne verte.
Le loup intrigué s'approcha de l'enfant.
Il savait que cette petite fille n'était pas censée avoir ce genre d'artefact. Seuls les créatures magiques très puissantes en possédaient. Pourtant, même après avoir bien reniflé l'odeur de l'enfant, elle n'avait pas l'air d'avoir quelconque pouvoir magique.
Par contre les objets avaient une forte odeur de dragon mais il en sentit aussi l'odeur originel. La feuille appartenait à l'arbre de la vie et la pierre venait de la rivière où ses racines trempaient.
Sans s'apercevoir tout de suite , la petite fille lui caressait le côté de la tête. Il trouva cela agréable mais secoua la tête fermement pour qu'elle se stoppe.
Le loup se retourna pour retrouver sa tanière. Il ne voulait pas s'en mêler, cela paraissait bien trop dangereux et trop puissant.
La fillette suivit le loup, la créature bleue n'était pas venue depuis des lunes, elle ne savait pas quoi faire. Elle savait qu'elle pourrait avoir de la viande en le suivant.
Le loup essaya, en vain, de lui transmettre des images de menaces pour qu'elle soit effrayée et qu'elle s'en aille.
Le loup essaya, en vain, de lui transmettre des images de menaces pour qu'elle soit effrayée et qu'elle s'en aille.
Au bout de quelques heures, elle lui dit qu'elle ne se sentait pas effrayée et qu'il pouvait arrêter de faire ce qu'il faisait.
Il finit par marcher à côté d'elle pour l'observer. Elle regardait tout de façon émerveillée, elle n'avait vraiment pas l'air d'avoir peur comme si elle était une partie de la forêt. Elle s'arrêtait dès fois pour parler aux insectes, aux fleurs, aux arbres...
Il ne comprenait pas tout ce qu'elle disait, comme si elle avait inventé des mots où si elle mélangeait plusieurs langues. Pourtant, il connaissait beaucoup dialectes humain, magique, dragonique et autres espèces. Pour mieux la comprendre, il dut lire dans ses pensées. Il ressentait ses émotions. Il resta stoïque quand il comprit qu'elle racontait à la forêt entière qu'elle avait un nouvel ami.
Ce souvenir, elle le garderait toujours. Pour elle, ce jour là, il l'avait sauvée d'une mort certaine. Il ne le savait peut être pas mais elle mourait de faim. Quand elle l'avait rencontré elle avait dû partir quelques jours avant, de la petite grotte où elle dormait pour trouver de la nourriture. Elle n'avait pas mangé que quelques baies et bu l'eau des flaques avant de trouver ces glands et surtout cette viande.
Elle n'y avait pas touché car elle avait comprit que c'était comme un rituel. Un sacrifice. Mais le loup avait ressentit sa faim. Il lui avait apporté une partie de sa chasse nocturne.
Faith

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire